Le blog de Tonton Bertrand

Gérald et le guanaco

TITRE_IMAGEUn vieux conte aztèque raconte l’histoire d’un homme blanc et d’une tribu d’amazones de MACHU PICCHU ce qui constitue un premier anachronisme car écouter un conte aztèque sur des amazones mayas reviendrait à écouter les doctes élucubrations d’un stéphanois sur le chaotique parcours de verdâtres footballeurs lors de la saison 2004 – 2005.

A cette époque, l’homme blanc comme la machine à laver le linge - qui n’existait pas encore - était considéré comme une providence céleste (je parle ici de l’homme blanc, pas de la machine à laver). Il fallait bien cela à notre héros dont nous tairons volontairement le patronyme, par égard envers sa descendance.

En effet, G. QUINTINOS, conquistador et navigateur solitaire, accosta sur la Playa de l’Amor en 1100 et quelques brouettes ou poussières selon que l’on est de culture ouvrière ou ancillaire. De taille moyenne, le cheveu blond et les yeux azul (comme on dit chez les aztèques à cheval), G. QUINTINOS troquera bientôt son nom pour celui de QUINTIN (dont s’inspirera un obscur auteur de bandes dessinées pour son personnage fétiche à qui il fera parcourir le vaste monde et enverra également sur la lune. Souvenons nous par exemple de QUINTIN au Congo, QUINTIN en Amérique, QUINTIN veut on peut, etc..).

G. QUINTIN accosta donc. Sa peau salée et burinée par l’eau de mer et le soleil faisait ressortir son regard pénétrant et toujours aussi azul. Alors qu’il s’étirait les membres, une myriade d’yeux féminins observaient ce mâle en se demandant : « Il sait tirer ou il s’étirait ? Et s’il s’étirait c’était quoi cette troisième jambe ?». Toutes encore à leurs question les sculpturales guerrières à la peau lisse, douce et brune au curieux goût mélangé de coca et de café (arrête tu Mexique !), sous la conduite de leur chef, Britneyspearsueteolt, sortirent des frondaisons et entourèrent rapidement le frêle esquif et le puissant conquistador. Britneyspearsueteolt s’adressa au navigateur en lui disant : « Questa ol miriendes azul por los condiros ? Supermanos ala tres jambas volare insemminaros todo el troupo ? » « Pardon ? » Répliqua poliment QUINTIN dans un français il est vrai impeccable.

N.D.L.A. : afin de faciliter la lecture de ce conte assez brouillon je l’avoue, nous transcrivons et sous titrons en français les répliques autochtones de « Los Merveillosas Aventuras de QUINTINOS O Pays des INCAS »

Britneyspearsueteolt reprit : « Je te demandais, Homme aux cheveux d’or et au regard du ciel, si tu étais du quartier et si tu avais déjà visité une prison turque ? » Gérald (après tout c’est plus sympa de l’appeler par son prénom) se dit en son for intérieur « C’est vrai que ça fonctionne drôlement bien le télétexte, je comprends tout qu’est-ce qu’elle dit la brunette » répondit à Britneyspearsueteolt : « HUGH chaton ! Salut les filles ! J’ai navigué sur la grande eau depuis six lunes et je viens de débarquer sur vos terres. Pourriez-vous m’indiquer s’il vous plaît la direction :
a) des toilettes
b) de l’établissement bancaire le plus proche
c) de ma chambre car j’avais réservé une single room avec douche et buffet campagnard gratuit.

Britneyspearsueteolt, surprise reprit en clignant sensuellement de l’œil droit: « Et comment qu’il s’appelle le p’tit gars ? Y préférerait pas autre chose qu’un jus d’orange ? Hum ? Tu sais que des blondins dans ton genre ça court pas les rues par ici ? Et je ne dis pas ça uniquement parce qu’il n’y pas de rues… Alors, hum, tu as déjà visité une prison turque oui ou non ? »

Gérald répondit : « Ecoutez Madame… » « Appelle moi Britneyspearsueteolt ou Lulu » « Ok Britneyspearsueteoltoululu, je sais pas si c’est les frites d’hier soir ou si c’est l’émotion mais j’ai l’impression qu’il y a un truc qui passe pas ». Sur ces dires, Gérald couru rapidement vers d’accueillants buissons et entreprit une salvatrice vidange de son auguste intestin. Après un moment les combattantes virent le visage du conquistador qui dépassait d’une feuille de palme et qui demanda : « Pardon M’dame, vous auriez pas autre chose qu’un épi de maïs des fois ? »

L’aventurier revint vers Britneyspearsueteolt et les farouches femelles la mine détendue et ravie. L’Homme, une fois son œuvre accomplie, apparut aux yeux des indomptables créatures dans toute la majesté de sa puissance et de sa gloire. Conquises, les belles chasseresses chaudes comme des baraques à frites s’apprêtaient à jeter leurs dévolus et leurs charmes sur l’Apollon stéphanois quand Britneyspearsueteolt ordonna à quatre de ses amazones de le conduire avec tous les égards dus à son rang vers le campement.

On donna hutte au QUINTIN ainsi que nourriture et boisson en abondance. La nuit passa durant laquelle Gérald reposa ce corps que l’on pouvait croire sculpté par les dieux tellement il était beau et emplit de vigueur. Le lendemain à son réveil on conduit Gérald dans la hutte de Britneyspearsueteolt à laquelle il demanda : « Vous êtes bien certaine de ne pas avoir autre chose que des épis de maïs ? »

Britneyspearsueteolt déclama : « Les Dieux nous ont envoyé l’Homme aux cheveux d’or et au regard d’azul ! Que chacune d’entre nous fasse tout ce qu’El Géraldiño (1) (2) et (3) demandera afin de plaire aux Dieux. Chaque année pour fêter le jour de son arrivée nous danserons nues (le corps huilé et vachement lascivement) en son honneur. » Britneyspearsueteolt se tourna vers Gérald et lui demanda : « Bon alors, qu’est ce qui y ferait plaisir au regard d’azul ? Hum ? C’est quoi ton truc à toi ? Je te rappelle que tu ne m’as toujours pas dit si tu avais déjà visité une prison turque ? »

Géraldiño répondit : « Très grande Britneyspearsueteoltoululu (car pour Gérald, tout ce qui dépassait 1 mètre 52 au garrot paraissait grand), je vais être franc avec vous mais il y a vraiment un service que je voudrais vous demander. C’est un truc qui me démange depuis que je suis arrivé chez vous et bon, vous savez pas ce que c’est vous, mais bon, six mois en mer, comme qui dirait ça énerve le bonhomme quoi. Alors j’ose pas trop vous le demander… » « Parle sans crainte et sans gêne petit homme au regard d’azul » dit Britneyspearsueteolt avec une intonation dans la voix qui n’était pas sans rappeler Dalida. « Ben voilà » dit Géraldiño, « Z’auriez t-y pas des fois un Jésus de Lyon parce que le poiscaille, ça commence franchement à me remonter jusqu’aux amygdales. Vous savez pas ce que je donnerais pour mordre dans un morceau de barbaque ! »

Britneyspearsueteolt étonnée par cet aveu ordonna immédiatement le sacrifice d’un lama sacré pour plaire à l’aventurier (au regard azul ne l’oublions pas).

Le sacrifice d’un lama sacré était à cette époque une célébration que l’on effectuait en l’honneur du soleil. Cette décision fit apparaître Géraldiño aux yeux des magnifiques hamadryades (celui-là je suis allé le chercher dans le dico !) encore plus superbe. Toutes se dirent qu’enfin le soleil avait un fils.

Géraldiño fut l’objet de toutes les précautions et attentions afin de le préparer à cette grande messe. C’est comme si il disposait pour lui seul d’une armée de fées plus belles les unes que les autres. On le baigna, le massa, la papouilla, le gouzigouza, on l’oint et ce fut une joyeuse bataille pour savoir laquelle aurait eut la chance de caresser son corps céleste. A l’une des naïades qui partageait son bain et qui s’interrogeait sur deux rotondités et sur ce qui ressemblait à une poutre de chair, Géraldiño répondit que c’étaient ses balls et sa hockeycrosse. La naïve demanda si ces proéminences dures comme les pierres des pyramides ne le heurtaient pas, Gérald rassura la pauvrette en souriant d’une masculine assurance.

A ce rythme le lendemain arriva presque trop vite et Géraldiño apparu une nouvelle fois dans une grâce inconnue jusqu’alors. Vêtu d’un simple pagne blanc, Géraldiño, le corps cuivré, les cheveux blonds qui dansaient au vent et le regard azul, fit se pâmer de soupirs les bienheureuses qui avaient la chance de pouvoir le contempler. Il gravit les quelques marches de l’hôtel, pouf, pouf, de l’autel, où l’attendait Britneyspearsueteolt. Entièrement nue et portant une coiffe d’or elle s’apprêtait à invoquer les dieux.

A ce moment du récit il est bon de rappeler que les fières et sculpturales amazones qui étaient filles uniques (de nombreux mystères entourent encore la fécondation de cette tribu car je ne sais pas si vous avez remarqué mais il n’y a l’ombre d’un blaireau ni d’un bellâtre dans l’histoire), étaient appelées les A. Mais revenons à nos lamas…

Les A, nues également, exécutèrent en l’honneur de Géraldiño la danse du maïs mûr qui simule dans l’ordre les premiers émois adolescents, la parade nuptiale du guanaco, le rut, la prise d’assaut de la Tour de Londres, l’hymen arraché à l’affectation des siens, la saillie proprement dite et finalement la procréation.

Britneyspearsueteolt invoqua This, déesse des A et vers laquelle sont appelées celles qui survivront après une vie pure et joyeuse : « Ô This, déesse des A sans sœurs (YES !), écoute moi » Nous passons volontairement sur le reste de l’invocation plus plat et d’une consistance égale à celle du chili con carne. Britneyspearsueteolt annonça simplement que désormais le mot « homme » serait abandonné et remplacé par « Gérald» et que la danse du maïs mûr s’appellerait maintenant la QUINTIN en raison des proportions phénoménales de la virilité du récipiendaire).

On amena enfin le lama sacré qui était destiné au sacrifice. A l’instar du pagne de Gérald, la toison du lama était d’une blancheur immaculée et ces deux tâches blanches brillaient si fort qu’elles en devenaient d’argent sous le zénithal astre de lumière. El Géraldiño regarda le lama dans les yeux et lui dit : « Crache moi dans la bouche et dis moi que tu m’aimes ». L’animal au regard doux et complice s’exécuta. El Géraldiño enfourcha le camélidé et saisissant à pleines mains un sac d’épi de maïs disparut dans la sierra montagneuse laissant sur place les belles médusées par l’abandon soudain de cet étalon (je parle de Gérald, pas du lama).

Jamais les amazones ne revirent El Géraldiño. Le soleil avait quitté pour toujours cet endroit de paix et de grâce. C’est la désespérance de tout ce peuple qui entraîna plus tard la chute de l’empire maya et non les élucubrations que l’on essaie de nous faire passer pour historiques d’une sombre et imaginaire conquête espagnole.

De nos jours, les anciens disent lorsqu’ils entendent au printemps dans la montagne un hurlement plaintif de jouissance que c’est El Géraldiño qui féconde le lama.

Dans un prochain récit je vous raconterai l’invention du pop corn, déviation malheureuse de l’utilisation seconde d’un épi de maïs par G.Q. également surnommé Boule de Vice dans une tribu de Rhinocérotidés se retrouvant chaque semaine au soir du jour de Vénus ou de la morue ce qui est, avouons le, moins poétique.

(1) : Géraldiño signifie littéralement en maya « priapisme » mais c’est surtout un chant paysan ou une petite prière pour demander la fécondité pour un couple ou la fertilité d’une terre avant la récolte. Nombreuses sont encore les paysannes qui chantent des Géraldiños dont la touchante naïveté n’a d’égale que la sensualité rythmique.
(2) Le Géraldiño est en revanche à Cuba un modèle de cigare fort apprécié par les amateurs de barreaux de chaise. Il est toujours roulé à la main sur les cuisses moelleuses des cigarières les plus expertes des manufactures. C’est, à ce qu’il paraît, ce qui lui donne son goût incomparable.
(3) Le Géraldiño est également le surnom qu’ont donné les chefs de projet à l’oléoduc Tchad – Cameroun. Lorsque l’on songe aux dimensions toutes particulières du moindre organisme sous ces latitudes, l’hommage n’en est que plus impressionnant.

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